Un nouveau musée d’histoire pour Marseille

Inauguré en grandes pompes, jeudi 12 septembre, par Jean-Claude Gaudin et ses adjoints, le nouveau musée d’histoire de Marseille est, après le MUCEM, l’autre grand moment muséographique de cette année capitale. L’un et l’autre reflètent les ambitions de l’actuelle municipalité pour cette ville. L’un et l’autre insistent, plus que jamais, sur l’importance de l’architecture dans les espaces de culture (on y retrouve d’ailleurs la griffe de Roland Carta). Désormais, un musée ne peut plus être qu’une collection, plus ou moins bien disposée, d’objets d’art et d’histoire, mais implique une scénographie créant l’illusion d’un voyage quasi physique dans le temps. Celle conçue par Adeline Rispal conjugue singulièrement l’antique et la technologie de pointe (bornes en 3 D, dispositifs interactifs) pour un périple dont le point de départ est le fameux jardin des vestiges. Autant de clés de lecture pour comprendre le passé mais surtout le présent, et peut-être l’avenir, de cette cité bi-millénaire.

Pour ceux qui sont depuis longtemps familiers de l’histoire de Marseille, je leur conseillerais, en entrant ici, de se décentrer, de s’imaginer pour une heure ou deux dans la tête d’un nouvel arrivant, touriste ou gamin encore inculte. Ainsi, ils pourront encore s’émerveiller devant ces glorieuses épaves de navires antiques. Ils essaieront peut-être de déchiffrer les vasques, les tablettes, les sarcophages et les restes de chapiteaux accumulés au rez-de-chaussée. Ils méditeront sur le destin d’une ville qui fut successivement grecque, romaine et chrétienne ; une ville toujours rebelle au pouvoir centralisateur, qu’il fut celui de César, de Louis XIV ou des Jacobins. Ils frémiront en songeant à tous les maux qui l’accablèrent, à commencer par la peste. Ils s’enthousiasmeront pour son art du négoce et ses productions culturelles qui ont fait sa réputation au cours des deux derniers siècles. Enfin, au terme des treize étapes d’un parcours de 6500 M2 et de 4000 objets exposés, ils déboucheront sur les Nouvelles Galeries, temple marseillais de la consommation englobé aussi dans ce projet. Et là,  ils auront peut-être la vision des futurs vestiges, ceux qui occuperont les journées des archéologues du 6eme millénaire, ceux qui parleront de nous bien après nous. Dans ce cas, la visite n’aura pas été vaine. Car c’est la seule certitude que nous ayons quand nous portons notre regard vers ce lointain avenir. D’une durée, finalement, égale au passé retraversé de Marseille.

Musée d’histoire de Marseille
2 rue Henri Barbusse, 13001. Tel : 04 91 55 36 00.
Ouvert tous les jours de 10H à 18 H, sauf le lundi. Prix d’entrée : 5 euros.

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