Trissotin ou Les Femmes Savantes de Molière reprends aujourd’hui et jusqu’au 17 janvier au Théâtre National de Marseille dans une mise en scène de Macha Makeïeff.
Cette comédie nous plonge au cœur d’une famille bourgeoise qui déraille et décrit la tentative d’émancipation des femmes au sein d’une société patriarcale. Trissotin ou les Femmes Savantes est à la fois une critique sociale et un désastre familial. Cette pièce résonne plus que jamais sur le féminisme et les misogynies, et Macha Makeïeff, dans sa relecture inédite et pop de ce chef-d’œuvre, fait entendre la violence incroyable des discours misogynes.
Mais c’est aussi le désir de science qui conduit les femmes aux excès : La tyrannie du beau langage et de l’esprit brillant tourne au féminisme intégriste. La directrice de La Criée conserve le côté acide de la comédie, mais noie son côté misogyne en plaçant les deux sexes sur le même niveau d’hystérie et d’angoisse. D’ailleurs, tout le monde est finalement sur le même pied d’égalité puisque certains hommes, dont Trissotin sont incarnés par des travestis.
Pour mieux comprendre cette langue du 17e siècle, on va au-delà des mots mais sans abimer la langue. Certains alexandrins deviennent musicaux. La langue anglaise s’est imposée à certain moment car non seulement elle est musicale, mais elle est synonyme d’émancipation. La troupe de La Criée chante dans ce bal des égoïstes. A ne pas manquer.