C’est l’exposition-phare de l’année 2015 à Marseille. De quoi redonner le goût du futur à tous ceux qui la visiteront.
Si la notion de « futur » est plutôt en berne aujourd’hui, elle fut longtemps synonyme d’espérance et d’accomplissement collectif pour les générations passées. Parmi tous ceux qui refusèrent la dureté du présent, les artistes ne furent pas en reste, transmutant dans leurs œuvres les idées progressistes du moment – quand ils ne prenaient pas eux-mêmes part aux luttes sociales. Le rêve d’un avenir radieux ne fut pas, cependant, partagé par tous et certains y trouvèrent matière à nourrir leurs plus sombres visions. Cette ambivalence n’a pas été gommée dans le choix des 115 œuvres (tableaux, sculptures, photos, installations) qui composent le corps de ces Futur(s) – même si, dans l’ensemble, c’est l’optimisme qui domine. Organisée à la Vieille Charité par les Musées de Marseille (en partenariat avec la RMN – Grand Palais), cette exposition est sans doute l’évènement artistique majeur de cette année 2015. Par son ampleur et sa thématique, elle a de quoi séduire le plus large public. Répartie sur cinq salles, elle met en lumière les liens unissant la science, la peinture, la littérature et le cinéma. Et interroge, au passage, les grands mouvements artistiques qui ont jalonné le XXème siècle.
Sous l’intitulé « Metropolis », dans les salles Defferre, la ville est le point de départ de ce parcours placé sous les auspices de Fritz Lang. Dans cette section – de loin la plus importante – on retrouve (sans surprise) ces apologistes de la vitesse et de l’énergie que furent Filippo Marinetti et Giacomo Balla, mais aussi quelques très beaux tableaux de Kasimir Malévitch, Joseph Stella, Fernand Léger, Frantisek Kupka, Carl Grossberg, Suzanne Duchamp, Natalia Gontcharova ou Maria Elena Vieira Da Silva. Autant de réflexions picturales sur l’architecture chère au fondateur du Bauhaus, Lazlo Moholy-Nagy (présent ici avec une petite sculpture).
L’ombre de H.G. Wells, l’auteur de « La guerre des mondes », plane sur la salle Puget, deuxième étape de l’exposition. Ici l’accent est mis sur les extra-terrestres, les robots et les super-héros à travers les œuvres de Victor Brauner, Roberto Matta, Martial Raysse, Bernard Rancillac, Erro, Mimmo Rotella, Hervé Di Rosa ou André Labelle.
Stanley Kubrick et son « Odyssée de l’espace » inspirent la troisième section dans la salle Allende. Une relative sérénité se dégage des œuvres exposées ici, à commencer par les estampes d’Henri Matisse et les huiles de Joan Mirò. Les formes et les couleurs dansent aussi dans les toiles de Vasilly Kandinsky, André Masson, Jean Arp, Auguste Herbin ou Jacques Monory. Et trouvent leur acmé dans les mobiles d’Alexander Calder. Enfin, dans la chapelle, on pourra méditer sur les installations de Richard Baquié, Carsten Höller ou Bruno Peinado, entre autres plasticiens contemporains.
Il faut signaler, en marge de ce parcours excitant, un atelier cinéma et de nombreuses projections de films d’anticipation (dont les trois cités plus haut) pendant toute la durée de Futur(s). Elles se dérouleront, pour la plupart, au cinéma « Le Miroir » de la Vieille Charité. De quoi faire en sorte que chacun puisse composer « son plus beau bouquet cueilli au jardin de ses rêves », selon les mots de Christine Poullain, co-commissaire de l’exposition et directrice des Musées de Marseille.
FUTURS Matisse, Mirò, Calder…
Jusqu’au 27 septembre 2015
du mardi au dimanche, de 10h à 18h _10 €
Vieille Charité
_2 rue de la Charité, Marseille 2ème _04 91 14 58 80
Informations et réservations sur _www.marseille.fr



