Le Street-Art s’invite aux Puces

Marseille serait-elle en train de devenir la capitale nationale du Street-Art ? C’est en tous les cas le souhait de Catherine Couderc, directrice de la galerie Saint-Laurent (ex-Halle des Antiquaires), au cœur de la cité des Puces. Cet art on ne peut plus urbain, dont les figures de proue demeurent Jean-Michel Basquiat et Keith Haring, a tout ce qu’il faut pour s’exporter et séduire de nouveaux collectionneurs. C’est justement à New-York, son berceau historique, que Catherine Couderc a pris la mesure de ce phénomène artistique et a conçu son projet marseillais. Elle pouvait compter sur un vivier de jeunes créateurs locaux, trop heureux d’investir gratuitement les nombreux boxes de cet espace de 600 m2. Outre Joska et Anton, artistes invités pour la circonstance, ceux qui participent à cette deuxième édition de Marseille Street-Art Show ont entre 17 et 42 ans. Ils ont des pseudonymes aussi colorés et percutants que leur peinture : Colorz, Rémy Uno, Momiès, RNST, Heng, Dire 132, Neuröne, Muga, Wose, MJA, Epsilon Point. Mais tous sont bourrés de talent et, à la bombe, au pinceau ou au pochoir, ils ont tôt fait de multiplier les traces visibles de leurs merveilleux délires. Qu’ils soient de sensibilité abstraite (Colorz, Momiès, Heng) ou figurative (Rémy Uno, Dire 132, MJA), peindre est pour eux une extension de leur être intime. En phase avec leur époque, ils revisitent ses stéréotypes ou puisent dans la réalité quotidienne les figures et attitudes qui la représentent le mieux.

Mais une exposition de Street-Art confinée au seul espace de la galerie n’aurait pas été complète. Il lui fallait aussi s’épancher sur les murs qui entourent la cité des Puces. C’est ce que les plasticiens sus-nommés ont entrepris de faire, entre le 17 et le 21 mai derniers,  sous la tutelle amicale de Stéphane De Calmels (co-commissaire de l’exposition avec Patrice Ruano-Borbolan). Chacun d’eux s’est approprié un territoire mural d’environ 15 mètres de long et l’a habillé selon son imaginaire. Un travail titanesque qui n’en est pourtant qu’à ses prémices : car le site ne compte pas moins de 12 000 m2 de murs. Près de l’entrée, Stéphane De Calmels me fait remarquer deux vieux immeubles sans apprêts qui dominent l’avenue : « Si nous obtenons l’autorisation municipale, me confie-t’il sereinement, nous nous occuperons aussi de rajeunir ces deux-là. ».Quand les murs, loin de limiter notre désir de voir, deviennent les meilleurs alliés de la création visuelle.

Jusqu’au 30 août 2015
Marché aux Puces
130 Chemin de la Madrague-Ville, Marseille 15ème
_04 91 45 47 70. www.galeriesaintlaurent.com

Photo en une _Rémy Uno

Publié le