« Autobiographie comique et fantastique » entamée en 1981, La Danse du diable de et par Philippe Caubère est un vibrant hommage à sa mère et au métier de comédien.
Philippe Caubère est Ferdinand Faure dans son œuvre autobiographique sur sa jeunesse provençale, nous offrant une performance d’acteur enivrante. Seul sur scène pour jouer une dizaine de personnages, sans décor ni accessoire, le débit est clair et énergique, d’une étourdissante vivacité. Impossible de s’ennuyer dans ce marathon où défile sa vie, avec une certaine longueur qu’il ne manque pas de souligner dans une mise en abîme évoquant un théâtre trop intello pour sa mère qui lui aurait dit : « Mais c’est interminable mon petit garçon !». Cette pièce poétique débute pendant l’hiver 1956 lorsque sa mère s’inquiète de la neige qui tombe sur ses oliviers. Puis on glisse vers l’adolescence du Marseillais à l’imagination fertile et rêveuse qui réunit dans sa chambre, l’espace d’un soir, les personnages de son temps : Mauriac, Sartre, De Gaulle, qu’il imite à merveille. Philippe Caubère nous emporte avec lui sur son cyclomoteur à travers tous les quartiers de Marseille comme si on y était, du Vieux-Port à la corniche en passant par le parc Borely où il nous fait revivre le mythique concert de Johnny. Viennent les cours de théâtre avec la truculente Micheline, la sensuelle et excentrique professeur de théâtre aixoise, qui cherche à faire réciter le texte d’un auteur russe par sa troupe d’amateurs. On trouve également Ariane Mnouchkine qui a beaucoup compté dans sa carrière, mais La Danse du diable est avant tout le portrait de Claudine Gautier, mère de l’auteur et de son double Imaginaire. Ses mains structurent l’espace, sa bouche imite le vent, les talons, la foule, les avions… Une véritable arène pour cet aficionados qui a voué sa vie au théâtre. Ce délire fou mais intelligible et drôle sont les souvenirs personnels ou imaginaires de l’auteur. Ce spectacle a été présenté en Avignon en 1981, le texte improvisé 30 ans auparavant est désormais sur papier.
à voir au Théâtre de l’Athénée Louis Jouvet jusqu’au 7 décembre, (relâches les lundi et jeudi) puis en tournée :
23, 24 janvier – Marseille, Théâtre Toursky.
_www.toursky.orgmm
Le 8 fevrier à Salon-de-Provence, au Théâtre Armand.
Réservation de places en ligne | www.salondeprovence.fr/index.php/theatre-armand.

