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Au début des années 80, quand JonOne bombe des wagons vierges dans les rues de New York, il avoue vivre une expérience orgasmique. Son art s’expose dans les galeries à ciel ouvert que représentent les trains qui gravitent librement dans la périphérie new-yorkaise. Un voyage céleste pour une expression artistique à la beauté spontanée. La rue représente la plus belle galerie du monde pour tous les taggeurs et graffiti artistes. Mais d’entrée de jeu, Jon ne respecte pas les codes du graffiti en partant dans un mouvement freestyle. L’abstraction, la liberté de peindre ce qu’il a envie. « Je n’ai pas respecté les codes, personne ne faisait de l’abstrait ».
Le free painting, son style, puise son inspiration dans le free jazz qu’il a découvert en live dans les rues de son quartier d’Harlem. JonOne avoue être un miraculé, sorti de nulle part. John Andrew Perello a.k.a JonOne est né en 1963 à Harlem, il a 25 ans quand il débarque à Paris en 1987. Il tombe sous le charme de cette ville dont il aime les codes, la culture, la naïveté, l’accueil. à cette époque, la culture hip-hop fait ses premiers pas en France, il vit ses moments d’intense effervescence sur les terrains vagues de La Chapelle. Stalingrad devient un terrain d’échange cosmopolite où graffeurs, breakeurs, dj & rappeurs se retrouvent pour célébrer ce mouvement fraîchement débarqué des US. La peinture de JonOne, elle, est représentée par sa signature en constante répétition dans une explosion chromatique qui a le pouvoir assez étonnant de doper l’âme et de donner des ailes.
Ses sources d’inspiration ? En vrac : le peintre Jackson Pollock, les musiciens Ornette Coleman, Duke Ellington, Dondi, Futura, le peintre impressionniste Allemand Jonathan Meese. JonOne se définit comme un peintre abstrait qui vient de la rue, qui retranscrit son métissage et la complexité de sa culture dans sa peinture. Le graffiti était une école et il en est sorti avec l’art abstrait. Ses influences sont diverses, la vie tout simplement et toute la curiosité qui l’anime, avec la volonté que son travail ne soit jamais daté, qu’il soit hyper ancré dans son époque. En admirant une de ses toiles « Letting my heart talking », on ne peut s’empêcher de se demander comment autant de couleurs peuvent s’échapper de son cœur. Alors que lui avoue être toujours à la recherche de nouvelles couleurs non perceptibles par l’œil humain. JonOne déséquilibre notre champ visuel par le mouvement ultra rapide qui émane de ses toiles et l’improvisation des lignes et du mouvement.
JonOne ne s’est jamais dit « je vais peindre pour gagner beaucoup d’argent », mais une des vraies raisons était, de vouloir résoudre tous les problèmes dans sa tête. En quête de solutions à des équations mathématiques. Il reconnaît cependant « être né dans la famille idéale pour être graffeur » pour être qui il est aujourd’hui. Sa mère a eu l’intelligence et l’ouverture d’esprit d’évoluer en même temps que son art. « Elle a réalisé que c’était plus fort que moi. » Il porte toujours à la taille la pochette qui appartenait à son père décorateur. Un talisman sans doute. De vandale underground séduit par l’interdit, JonOne est aujourd’hui un artiste dont les toiles sont exposées dans les plus grandes galeries du monde. Il déclare : « sans la peinture je serai perdu dans la vie. La peinture n’est pas un métier mais un style de vie. Même si plus personne n’achète mes toiles je continuerai à peindre. »
Galerie David Pluskwa
_53 rue Grignan, Marseille 6ème
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