[dropcap text_color= » » background_color= »gray »]E[/dropcap]ntre Marseille et New-York, il y a plus d’un point de comparaison. Malgré des différences sensibles de taille, l’une et l’autre sont des ports. Elles ont connu, au cours des deux siècles précédents, un développement exceptionnel. Mais surtout, ce sont des villes-mondes dont la richesse est largement due à leur capacité d’absorber de très nombreux immigrants. Sous un autre angle, on ne peut que rappeler les liens tissés par les deux villes quand, en 1940, l’une – Marseille – fut une plate-forme d’émigration forcée vers l’autre – New-York – pour bien des proscrits du régime nazi. Dans ces conditions, organiser des ateliers transatlantiques donnant la parole à des enfants d’immigrés, était une idée judicieuse et propre à faciliter une meilleure compréhension, tant de soi que de l’autre.
C’est celle qu’a eue Jean-Michel Dissard, lui-même français émigré aux Etats-Unis à l’âge de quinze ans. Encore fallait-il trouver les acteurs et les moyens d’un tel projet. Durant toute l’année 2016, des collégiens de quatre établissements marseillais (collège Jacques Prévert, lycée Saint-Charles, collège Rosa Park, école de la Deuxième Chance) ont travaillé de concert avec les élèves de quatre institutions scolaires new-yorkaises (Macs High School/Bronx, Port Richmond High School, Louis Amstrong Middle School, Bloomfield High School). Dans ce travail de réflexion, d’écriture et d’échanges, Dissard s’est appuyé sur le photographe David Jacobs qui a réalisé les portraits de tous les jeunes participants. Le résultat de tant de travail, c’est cette exposition au musée d’histoire de Marseille qui, tout en ménageant la part des souvenirs concrets (bijoux, lettres, photos, livres), repose principalement sur des tableaux numériques et interactifs. Ainsi apparaissent successivement les pensées et les visages de ceux qui les ont produites. En voici quelques-unes parmi les plus significatives :
« Rêver de la nouvelle vie est le verbe qui m’accompagne. »
« Une fois arrivée en France, j’ai embrassé le sol. »
« Je n’arrive pas à m’identifier à un pays. »
« Les émigrants ne peuvent pas être mis à l’écart des gens. »
De nombreux documents audio-visuels (comme le film « I learn America ») accompagnent aussi cette exposition organisée avec le soutien de l’ambassade des Etats-Unis d’Amérique. Elle continuera d’évoluer et de s’enrichir avec de nouveaux récits de vie jusqu’à sa version finale qui coïncidera, le 20 mai prochain, avec sa cloture lors de la Nuit des Musées. D’ores et déjà, les échanges se poursuivent entre les élèves des deux métropoles; ce qui est encore la meilleure façon de préparer un avenir plus intelligent et plus humain.
Musée d’histoire de Marseille
2 rue Henri Barbusse, Marseille 1er
_04 91 55 38 00 – Ouvert du mardi au dimanche, de 10h à 18h. Entrée libre.
