Hip-hop : du Bronx aux rues arabes, le hip-hop pour les nuls

L’Institut du Monde Arabe (IMA) à Paris, a invité le rappeur Akhenaton, a orchestrer une exposition baptisée Hip-Hop, du Bronx aux rues arabes. 1100 m2, 250 œuvres pour retracer l’histoire de la culture Hip-Hop. De sa genèse, été 1973 – alors que Dj Kool Herc pose un groupe électrogène dans les rues du Bronx pour une Block Party en pleine rue- à son arrivée en France au début des années 80. Plus récemment, les rues arabes sont prises d’assaut par un printemps révolutionnaire. Toute une jeunesse revendique le droit de s’exprimer, de danser, de rapper, de peindre, de faire de la musique. D’exister. La culture Hip-Hop, altruiste, libre et généreuse donne la parole à ceux qui ne l’ont pas.

La visite commence. Un mur de plus de 50 Ghetto-Blaster customisés donne le là et capte mon attention. J’entre sur un son de De la planète Mars du groupe IAM, je me sens, instantanément, en territoire ami. Quelques minutes plus tard des réminiscences de musiques arabes et un couplet du morceau Le monde est brutal d’Idéal J, gardent mon enthousiasme intact. La bande son a été produite tout spécialement pour l’événement par Thierry Planelle. Ancien DA chez Delabel, et directeur des programmes chez Nova, aujourd’hui chez Virgin. Le son tient une place prépondérante dans l’exposition avec une installation vidéo intitulée Allonger le son avec cours particuliers des beatmakers Cut Killer, Imhotep (architecte sonore du groupe IAM), du palestinien Stomtrap et du tunisien Gal3i. Une signalétique simpliste, trop basique à mon goût composée de panneaux fluorescents jaune, rose, bleu, vert ponctuent la visite et donne des indications sur les composantes de base de la culture Hip-Hop. Mon sentiment est très vite mitigé, en cause beaucoup d’informations déposées de-ci de-là, de façon éparse et anecdotique. Le parcours artistique de l’exposition manque d’esthétisme, et la mise en avant des œuvres et des archives personnelles manquent de cohérence. J’avance dans l’exposition avec l’étrange impression d’être au supermarché. Alors oui, il y a de sublimes pièces comme les photographies de Yoshi Omori,  d’Henry Chalfant, de Martha Cooper, et des références clés comme celles à la Zulu Nation avec Afrika Bambaataa, le film de Thibault de Longeville, Sneakers, le culte des baskets. Mais tous ces éléments manquent de profondeur, de liens. J’ai le sentiment que beaucoup de personnes sont intervenues, beaucoup d’idées ont été retenues et que tout ceci a été apposé directement sur les murs, sans avoir été réfléchi, pensé avec subtilité, sans imagination. Comme si on avait fait une collecte. Pour beaucoup d’éléments récoltés et à la fois pas grand-chose. Etrange. Enfin ma plus grande déception ? La part dédiée aux rues arabes est pauvre, et très peu documentée, j’aurai aimé des tirages grands formats. Plus d’interviews des intervenants du Maghreb et du Moyen-Orient. Mais le meilleur moyen de vous faire une idée c’est encore d’y aller.

Hip-Hop, du Bronx aux rues arabes
jusqu’au 26 Juillet à l’Institut du Monde Arabe.
1 Rue des Fossés Saint-Bernard, 75005 Paris _01 40 51 38 38

Programme des ateliers, débats et concerts sur www.imarabe.org

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