Daniel Buren au MaMo

Que l’on aime ou pas l’art si cérébral de Daniel Buren, force est de reconnaître qu’il est l’un des plasticiens français les plus réputés au monde. Et qu’une exposition de ses travaux in situ peut être considérée comme un évènement artistique n’importe où, en France ou à l’étranger. Précisément, c’est à Marseille que Buren – 76 ans, cette année – a posé momentanément ses valises, répondant à l’invitation du MAMO pour son exposition d’été, dûment baptisée « Défini, fini, infini ». L’artiste, qui a longuement préparé cette série d’installations, était présent lors de la soirée inaugurale, samedi 28 juin à la Cité Radieuse, en compagnie d’Ora-Ito (fondateur du MAMO) et de Jean-Claude Gaudin, maire de Marseille, venu prononcer un vibrant éloge. On l’a vu, avec courtoisie et simplicité, répondre aux nombreuses questions que le public – près de 1000 personnes, ce soir-là –  (se) pose toujours sur son approche  conceptuelle de l’œuvre d’art – dont l’un de ses principaux paramètres est d’interagir avec l’espace qui l’accueille. C’est encore cette impression que l’on éprouve, sitôt entré dans la salle principale du MAMO – entièrement réagencée pour la circonstance. Une étonnante beauté se dégage du mur central, symphonie chromatique composé de pseudo-vitraux (en gélatine plastifiée) et miroirs qui reflètent les variations de la luminosité ambiante : il s’orne, bien sûr, des fameuses rayures, blanches et noires, chacune étant séparée de l’autre par 8,7 cm. Des miroirs, également, composent le parterre tout autour. En eux se reflètent le plafond vouté, créant un effet de profondeur vertigineuse. On retrouve les mêmes matériaux dans les 4 autres installations disposées sur le toit-terrasse. Une multitude de reflets aléatoires jaillit ainsi des nombreux miroirs verticaux; tandis qu’au sol,  21 quadrilatères composent une sorte de parcours initiatique vers une œuvre surélevée et particulièrement  hiératique, avec un losange bleu outremer en son centre. On comprend mieux ainsi quel dialogue silencieux Buren instaure avec le Corbusier, non pas sous la forme d’un hommage personnalisé mais au niveau, plus abstrait, de leurs conceptions architecturales. Voilà une exposition qui devrait être l’un des pôles attractifs de cette saison estivale – du moins pour les visiteurs exigeants. Et qui fait du MAMO un centre d’art désormais incontournable, tant à Marseille que dans la région.

Du 30 juin au 30 septembre 2014
MAMO, Cité Radieuse
boulevard Michelet, Marseille 8ème.
http://mamo.fr

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