L’insolence d’un éternel présent
Un splash d’eau fraîche sur les murs de chaux brûlants. Une odeur, un souvenir, celle de l’enfance à Tunis. Les plus belles créations partent souvent d’une image lointaine qui n’a rien perdu de sa netteté avec le temps. Des moments de bonheur qui s’inscrivent innocemment dans la mémoire et restent gravés ad vitam æternam. Pour l’éternité. « Mon parfum n’est pas raisonnable, il fait mentir le temps. » Monsieur Alaïa définit à merveille l’intemporalité du premier parfum Maison.
Les coulisses de la création
Une équipe, un projet artistique où tous les intervenants travaillent ensemble. Le designer, le nez, le photographe Paolo Roversi, le créateur de mode, son équipe, l’agence BPI, échangent pendant deux ans. Une jeune femme parfumeur, Marie Salamagne, représentante de la génération montante des parfumeurs de Firmenich, retient l’attention du couturier. Avec « des notes fraîches, aquatiques, minérales. Un travail en clair-obscur auquel Marie ajoute une partie animale en l’entourant de musc. » Fait rare, la pyramide olfactive du parfum se compose d’impressions. Le ressenti prime. Au départ une impression fraîche avec des notes aériennes et du poivre rose puis une impression florale avec le freesia et la pivoine et enfin une impression peau avec des notes animales et du musc. Une perspective d’intensité qui se construit en trois actes évanescents.
Qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse
Le flacon est l’œuvre du designer Martin Szekely qui l’a imaginé « comme un objet fétiche adressé aux femmes.” Un corps de verre noir translucide orné, face et dos, du perforé Alaïa, motif emblématique qu’on découvre dans le corset de cuir des années quatre-vingt. Une bobine de fil d’or qui semble s’envoler, en métal travaillé et or rose en guise de capot. L’étui est nude une des teintes favories du couturier. Une œuvre sculpturale.
Alaïa Parfum, sortie prévue le 6 Juin 2015