Caroline Ducey, une vie après Breillat

[nggallery id=335]

La comédienne Caroline Ducey a vécu à Marseille de 2 à 17 ans : d’abord au « Roy d’Espagne » puis dans le quartier de « Bonneveine », des lieux d’enfance synonymes de liberté qui l’accompagneront pour toujours. Elle est repérée lors d’un casting et décroche le premier rôle alors qu’elle n’est qu’au lycée et vient d’un milieu qui n’a rien à voir avec le cinéma… Son père est pilote maritime au port de Marseille. Pour ce film Trop de bonheur, réalisé par Cédric Kahn, elle se rend… à Cannes justement, où elle découvre à tout juste 16 ans, cette folie des grandeurs. Bac en poche, elle décide de poursuivre cette nouvelle carrière à Paris en acceptant, pour rassurer ses parents mais aussi parce qu’elle aime la littérature, de mener une prépa hypokhâgne à Condorcet. « J’ai découvert la grandeur des façades du lycée, j’ai levé la tête, vu le petit carré de ciel bleu et me suis dit : « c’est pour ça qu’a Paris on est obligé de s’en remettre essentiellement à son cerveau, la stimulation est forcément plus intérieure. Le fait d’avoir grandi dans une nature aussi forte qu’à Marseille et de dévaler les vallées rocheuses, ça t’enrichit. Si tu as le blues, tu vas respirer les odeurs des embruns et des genêts ; à Paris, il te reste à faire le tour du périphérique ! ». Il faut vivre avec cette nouvelle liberté et le goût de la transgression qui va avec. Un vendredi 13 février 1998, Caroline Ducey reçoit un scénario de Catherine Breillat qu’elle trouve vraiment bien écrit, et ce sujet sur Eros et Thanatos lui plaît. Même si c’est d’une tristesse hallucinante et très cru, elle pense qu’elle ne jouera pas tout ce qui est écrit… « Et puis j’avais envie de remercier la génération de ma mère de s’être battue pour que les rapports entre hommes et femmes aient une chance d’être plus équilibrés, ce film ambitieux me permettait d’être ce relais. J’avais commencé depuis 15 jours lorsque j’ai découvert que c’était Rocco Siffredi qui allait endosser un des rôles, je ne savais pas encore que c’était un acteur de film porno.»

Le sulfureux film de Catherine Breillat, Romance fait beaucoup parler de la jeune actrice : Caroline Ducey est invitée l’année suivante chez Ardisson pour son nouveau film La chambre obscure mais on l’interroge surtout sur « Rocco ». Elle tire quand même profit de cette expérience compliquée puisqu’elle a eu la chance de jouer pour Jacques Doillon, et tourne depuis un film par an. Caroline Ducey est actuellement à l’affiche du film Hôtel du paradis de Claude Berne qui avec sa modestie, lui offrait de revenir à la base, incarnait un ralentissement possible des choses. « Hôtel du paradis est un film à petit budget mais le ton du film à l’ironie savoureuse était une belle gageure et le tournage une magnifique aventure». L’héroïne qu’elle incarne avec une douceur troublante s’imaginait qu’une femme indépendante pouvait tout mener de front. Elle rencontre un autre personnage à la dérive. Leur amitié parviendra t-elle à changer le cours de leur vie ? à venir également, la sortie en janvier 2013 du dvd Bangkok Renaissance un film de kung fu réalisé par Jean-Marc Minéo avec Jon Foo et Michael Cohen.

 

Publié le