[dropcap text_color= » » background_color= »gray »]S[/dropcap]i la Méditerranée est une petite mer enchâssée entre trois continents, elle reste le berceau de quelques civilisations parmi les plus importantes de la planète. Il ne faut pas s’étonner si sa richesse culturelle n’en finit pas d’inspirer les créateurs contemporains. Hier, c’était un festival de poésie qui se plaçait sous ses auspices, avant-hier un festival de musique. Aujourd’hui c’est un festival de films du réel – le Primed – qui s’en revendique.
Créé en 1994, ce Prix International du Documentaire et du Reportage Méditerranéens a pour but de promouvoir et récompenser des œuvres audiovisuelles, films indépendants ou programmes de télévision, qui scrutent cette partie si turbulente du monde. Organisé par le CMCA (Centre Méditerranéen de la Communication Audiovisuelle), il est, chaque année, l’occasion de rencontres et d’échanges vivifiants entre de nombreux professionnels de l’image. C’est aussi, pour un public d’amateurs éclairés, la possibilité de visionner gratuitement des films en prise sur l’actualité la plus sensible.
Entre le 20 et le 26 novembre, à Marseille, ce sont 24 documentaires qui sont projetés dans des lieux comme l’Alcazar, le MUCEM et la Villa Méditerranée. Parmi les grandes thématiques de cette édition 2016, on trouve bien sûr des témoignages sur la Syrie en guerre, comme « Daesh, paroles de déserteurs » de François-Xavier Trégan ou « Carnets de route dans la Syrie de Bachar Al Assad » de Ksenia Bolchakova, mais aussi des films sur la condition féminine au Maroc («Tisseuses de rêves » de Fatima Ithri Irhoudane) et en Tunisie (« Solo » de Shelby Ben Brahim). D’autres œuvres abordent les conflits du Proche-orient par le prisme du cinéma (« Arabic movies », d’Etal Sagui Bezawie et Sara Tsifroni), les arts (« Chœurs en exil » de Nathalie Rossetti et Turi Finocchiaro) et les religions (« Des lieux saints en partage » de Véronique Barral).
La mutation des villes méditerranéennes est un autre angle d’approche de ce festival. Et je veux croire qu’ils seront nombreux à assister, jeudi 24 novembre à l’Alcazar, à la projection de « Murat, le géographe », de Samuele Pellecchia, méditation d’un exilé sur l’évolution du quartier de la Belle de Mai. Quant à la politique dans cette partie du monde, elle est relatée par des films comme « Aube Dorée, une affaire personnelle » d’Angélique Karagounis ou « Berlusconi et la mafia, scandales à l’italienne », d’Olivier Toscer.
Parrainé par Moussa Maaskri (acteur et scénariste franco-algérien) et présidé par Antoine Sfeir (directeur des Cahiers de l’Orient), ce festival prévoit sept prix et une mention qui seront décernés, lors de la soirée du 25 novembre, par un jury composé de cinq personnalités de la presse télévisuelle. Au chapitre des innovations, il faut signaler cette carte blanche donnée à des lycéens de la région PACA pour l’attribution du prix Averroès junior. Une façon de rappeler, pour les 20 ans du Primed, que le flambeau doit être passé aux nouvelles générations.
Tous renseignements sur : www.primed.tv
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