Rencontres d’Averroès : surmonter la faille du 10 au 13 novembre 2016

 

[dropcap text_color= » » background_color= »gray »]O[/dropcap]rganiser des débats dans la cité, faire circuler la parole et rapprocher des chercheurs qui, sans cela, ne seraient peut-être pas rencontrés : tels sont les objectifs assignés par Thierry Fabre aux Rencontres d’Avérroès qu’il a fondées en 1994. Un public fidèle les suit d’année en année, souvent dans un esprit de participation, car elles sont l’occasion d’éclairer les enjeux et de confronter ses opinions sur la Méditerranée des deux rives. On se souvient peut-être que la précédente édition s’était prématurément terminée à cause des attentats du 13 novembre. Aussi, chacun espère, cette année, que ces 23emes Rencontres pourront aller jusqu’à leur terme imparti, d’autant qu’elles promettent d’être passionnantes. La faille – ou plutôt les failles – en sont le fil directeur. Elles traversent la société française toute entière, comme cette funeste année 2015 l’a fait apparaître au grand jour. Il s’agit donc de les penser – comme on panse un membre malade – pour ne pas y être aspiré.

[blockquote pull= »right » align= »right » attributed_to= » » attributed_to_url= » »]l’occasion d’éclairer les enjeux et de confronter ses opinions sur la Méditerranée des deux rives[/blockquote] Dès le jeudi 10 novembre, le tout jeune Collège de Méditerranée inscrira à son ordre du jour le thème suivant : « Qu’est-ce que l’Islam a changé à la Méditerranée ? ». Deux chercheurs en Histoire, Julien Loiseau et Sobhi Bouderbala, viendront en débattre. Les Rencontres, à proprement parler, ne commenceront que le lendemain avec une première table ronde autour de la faille généalogique. Outre Thierry Fabre et Jean-Christophe Ploquin (« La Croix »), elle confrontera le point de vue du philosophe Ali Benmakhlouf, du politologue François Burgat et du psychanalyste Fethi BenslamaLa faille historique sera le sujet de la deuxième table ronde, samedi 12 novembre dès 10 heures. Elle aura pour modérateur Joseph Confavreux (« Médiapart ») et pour intervenants les historiens Mohammed Kenbib, Benjamin Stora, Luigi Mascilli-Migliorini et Abdelmadjid Merdaci. L’après-midi, sous la férule de Daniel Desesquelle (RFI), c’est de la faille géopolitique qu’il sera question avec les politologues Bertrand Badie, Myriam Benrad, Basma Kodmani et Marc Pierini, ex-ambassadeur de l’Union Européenne au Moyen-Orient. Enfin, dimanche matin, le denier débat rassemblera les philosophes Marc Crépon et Thierry Paquot, les sociologues Smaïn Laacher et Andréa Réa qui réfléchiront sur la faille dans la cité. Il sera modéré par Jean-Marie Durand (« Les Inrockuptibles »).

Pour primordiale qu’elle soit, cette exigence rationnelle n’est jamais séparée ici de son contre-pendant artistique. Car pour Thierry Fabre, les artistes ne sont pas moins importants que les penseurs dans la transmission des idées et des valeurs. C’est ainsi que des manifestations musicales, comme Radio Live le 10 novembre et le concert de l’Anouar Brahem Quartet le 12, apporteront à ces rencontres leur dimension sensible et festive. Si l’on ajoute à cela un dispositif éducatif à destination des scolaires (« Averroès junior ») et de nouveaux partenariats (comme avec RFI), ces Rencontres d’Averroès 2016 sont appelées à être l’évènement culturel du mois de novembre à Marseille. Les failles ne se refermeront pas miraculeusement mais la parole résonnera encore une fois dans un esprit de rapprochement et d’éclaircissement : fidèle à l’enseignement du vieux sage de Cordoue.

Du 10 au 13 novembre 2016, au théâtre de la Criée.
Entrée libre mais réservation conseillée. Tous renseignenements sur : www.rencontresaverroes.com

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