[dropcap text_color= » » background_color= »gray »]S[/dropcap]aison propice aux festivals de toutes sortes que l’automne. Après l’été et ses petits relâchements, les citadins ont généralement l’esprit avide de savoirs et de divertissements culturels. On veut s’étourdir mais comprendre aussi la marche du monde et, si possible, y participer. Cette double postulation est celle des Rencontres Internationales d’Art Multimédia (RIAM) qui fêtent cette année leurs 13 bougies.
Organisée entre le 7 et le 29 octobre par l’association Technè, cette édition devrait réjouir tous ceux qui croient que le futur n’est pas condamné à reproduire indéfiniment les formes du passé. Là aussi il s’agit d’entrecroiser les disciplines et les expériences à l’aide des outils technologiques que met à notre portée la modernité. Il n’est pas moins urgent de ne pas laisser aux seuls spécialistes le droit à définir notre devenir collectif. D’où sans doute le sens du débat entre le philosophe belge Laurent de Sutter et le plasticien-performeur Nicolas Maigret à partir de la notion d’accélération, le 12 octobre. On retrouvera d’ailleurs Nicolas Maigret à la galerie Art-Cade – siège de l’association Technè – avec deux expositions-performances, « The Pirate Cinéma » et « Futurs non-conformes », autant de tentatives de subversion techno-critique.
[blockquote pull= »right » align= »right » attributed_to= » » attributed_to_url= » »]Si vous doutez encore que Marseille soit une ville figée sur son passé, allez donc à la découverte des propositions du RIAM : vous pourriez bien en ressortir avec d’autres idées sur la culture.[/blockquote]
Un autre point fort de cette édition sera certainement le vernissage et l’exposition, à la galerie Hors Les Murs, de Pierre-Laurent Cassière dont le travail interroge « l’archéologie des médias » et « la reconfiguration des systèmes audiovisuels ». Comme, d’ailleurs, celle de Peter Moosgaard qui, avec « Super cargo », questionne « les appropriations rituelles » et « le mimétisme des produits d’hyperconsommation » (galerie Art-Cade). Quant à la québecquoise Nathalie Bujold, elle montrera ses vidéos expérimentales dans le cadre des Vidéochroniques, place de Lorette, le 27 octobre.
Il faut souligner que ce festival fait également une large part à la création étrangère, dans le cadre du programme Shape qui promeut la circulation des jeunes musiciens dans l’Union Européenne. C’est ainsi qu’on pourra entendre, toujours à Art-Cade, l’artiste berlinois M.E.S.H et sa basse expérimentale (14 octobre), la Suédoise Klara Lewis et ses compositions d’ambiance industrielle (16 octobre) ou le projet musical TOLE du tchèque Martin Kohout (20 octobre).
D’autres lieux, comme le FRAC, le Baby-Club et l’Embobineuse accueilleront leur lot d’alchimistes du son (Julien Bayle, Ninja Sword, Ivvvo, Charlotte Bendiks, Coldgeist). Mais c’est dans les locaux d’Art-Cade que le festival se refermera en beauté avec, le 29 octobre, la conférence du critique musical anglais Adam Harper, la performance de Jackson David et le concert d’Assetou Light.
Ce parti-pris esthétique ne conviendra guère à ceux qui aiment encore danser sur des airs de Vincent Scotto ou qui rêvent devant les calanques peintes par Raphaël Ponson. Mais il est néanmoins le signe d’une vitalité créatrice – même si elle commence, elle aussi, à s’inscrire dans une tradition. Si vous doutez encore que Marseille soit une ville figée sur son passé, allez donc à la découverte des propositions du RIAM : vous pourriez bien en ressortir avec d’autres idées sur la culture.
Tous renseignements sur : www.techne-marseille.com ou www.riam.info


