Tout comme Arles avec Van Gogh, Aix nourrit vis-à-vis de Cézanne une admiration mêlée de repentance. Peintre majeur de la modernité par ses recherches formelles, Cézanne est sans doute la personnalité aixoise la plus célèbre du monde. Mais nul ne doit ignorer qu’il fut, de son vivant, rejeté par sa ville natale. Les choses ont bien changé depuis et elle s’attache à présent à répertorier un peu partout les traces de son génie. Il sera encore à l’honneur avec ces « Chefs-d’œuvres de la collection Pearlman » présentés au musée Granet durant l’été 2014.
Cette exposition, organisée en partenariat avec le Princeton University Art Museum, ménage deux salles au peintre de la Sainte-Victoire : en tout vingt œuvres, principalement des aquarelles et des dessins. Encore que Cézanne ne soit qu’un des « moments » dans cette approche chronologique de la modernité picturale. Ses visiteurs pourront aussi y admirer quelques trente autres pièces signées par des noms aussi prestigieux que Courbet, Daumier, Gauguin, Toulouse-Lautrec, Modigliani et Soutine. De quoi, assurément, parfaire leur éducation artistique.
Mais une collection est d’abord le regard d’un homme sur l’art et ses maîtres, passés ou présents. C’est lui qui en déroule le fil d’Ariane, ordonnateur et co-créateur à la fois des œuvres achetées. En l’occurrence, Harry Pearlman (1895-1974), homme d’affaires new-yorkais, connût son premier instant de grâce en 1943, avec un paysage de Soutine. à partir de là allait s’affirmer – et s’affermir – son goût pour l’art européen. Comme pour Jean Planque et Friedrich Burda avant lui, une salle entière lui est consacrée ici. Outre de nombreux documents biographiques, on y découvrira une magnifique tête sculptée que Jacques Lipchitz (alors frappé par l’incendie de son atelier) réalisa de lui en remerciement de son soutien financier. Un autre hommage lui fut rendu par l’autrichien Oskar Kokoschka qui fera à Londres, durant l’année 1948, le portrait du collectionneur. De cette rencontre et des longues séances de pose qu’elle occasionna, Pearlman dira malgré tout qu’elles furent « l’un des moments les plus marquants de sa vie ».
Des stages d’initiation à l’art, des projections et des conférences de Bruno Ely (conservateur du musée Granet) complèteront avec profit cette exposition appellée à faire les beaux jours de l’été aixois.
Du 12 juillet au 5 octobre
MUSéE GRANET
Place saint-Jean de Malte, Aix-en-Provence
Ouvert du mardi au dimanche, de 10h à 19h
_7 € _Renseignements au 04 42 52 88 32
www.museegranet-aixenprovence.fr
Tous tableaux : ©Fondation Henry et Rose Pearlman. Prêts de longue durée au Princeton University Art Museum









