Fred Marzo, Néo chausseur

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Fred Marzo, créateur de souliers à l’allure un brin retro, nous reçoit dans son appartement de la rue de Poitou à Paris, assis sur un fauteuil Eames d’époque en cuir patiné. Un must.


TOUTMA : Es-tu réellement originaire du sud de la France ?

Fred Marzo : Oui je suis né et j’ai grandi à Cannes. Je suis monté à Paris à vingt ans, il y a dix ans, pour faire le Studio Berçot. A Cannes, j’ai laissé ma tribu, mes parents, ma sœur, mes neveux. On est une vraie famille du sud et italienne en prime… donc très unie. J’ai la chance d’être très bien entouré. Mes parents ont une boutique de mobilier contemporain à Cannes, ma mère Martine Foubet est architecte d’intérieur. Le meilleur cadeau qu’ils nous aient fait à ma sœur et moi, c’est de nous apprendre à être curieux. Ma mère et ma sœur portent mes créations, elles ont été mes premières fans !

 

TM : D’où te vient cet amour des Jolis souliers ?

FM : Mon arrière grand-père paternel était bottier, chausseur sur mesure. J’ai toujours aimé les chaussures mais je ne pensais pas qu’on ne pouvait faire que ça ! Le déclic s’est fait le jour où une intervenante chaussures a fait son entrée au Studio Berçot… A partir de ce jour-là je me suis entêté à ne faire que de la chaussure. Je ne suis pas caractériel mais têtu.

 

TM : Parle-nous de ton parcours…

FM : A la sortie de Berçot, je suis entré en stage chez Kilian. Une super expérience aussi bien au niveau technique qu’au niveau humain et suite à cette formation, je suis parti voyager en Italie. A mon retour, j’étais en stage puis embauché comme assistant styliste à la maroquinerie chez Christian Louboutin. J’assistais aussi aux essayages et participais aux placements de broderie et d’imprimés sur les chaussures. Une expérience qui durera à peu près un an. Puis j’ai intégré l’équipe du bottier sellier Sartore, en assistant Catherine Sartore elle-même pendant un peu plus de 3 ans. Un poste d’assistant mais une fonction de styliste ! On m’a laissé participer à toutes les étapes de fabrication de A à Z. Une formation intense, une petite équipe, des gens du sud avec le sens de la famille, qui m’est cher, et je me sens dans mon élément, en confiance.

 

TM : Comment t’est venue l’idée de créer ta marque éponyme ?

FM : Après ces années passées chez les uns et les autres, j’ai eu envie de créer ma propre marque sans perdre pour autant les collaborations enrichissantes avec Sartore. Je leur ai proposé de continuer à travailler pour eux en styliste free-lance. Ils ont accepté et me soutiennent. Faire mon métier dans ces conditions, c’est formidable. C’est un atout, une chance. Je continue à travailler sur les collections avec Cathy. Je propose des dessins, je participe aux choix des matières, des couleurs. Cathy fait sa collection, je donne juste mon avis. J’ai présenté ma première collection il y a un an pour l’hiver 2011-2012. Deux ans de préparation ont précédé le lancement de la marque. L’été 2012 sera bientôt en boutique, et je présente l’hiver 2012-2013 aux professionnels en mars.

 

TM : A quoi font référence les noms ludiques donnés à tes modèles ?

FM : Ce sont des clins d’œil  aux gens que j’aime et qui m’inspirent. La « Titine » qui va entamer sa troisième saison en mars est le surnom de ma maman, un modèle classique, épuré, indispensable. La « Mado » est un clin d’œil à Madeleine Vionnet. Nouvelles recrues pour l’hiver prochain, la « Betty » qui arbore un petit nœud en référence à Betty Boop et la « Clara », le prénom de ma cousine. J’ai 3 hauteurs de talons : 5,5 – 7,5 et 10 cm et mes prix oscillent entre 400 et 600 e. Je fais aussi quelques articles de maroquinerie : minaudières, pochettes et cabas avec toujours en guise de signature maison, un petit liseret rouge vif… Ma couleur de prédilection.

 

TM : Parle-nous de ton univers, de tes sources d’inspiration…

FM : La femme dans son quotidien, avec une hauteur de talon qui lui permet d’être active. Tous mes modèles ont un bout arrondi pointu par pur désir d’intemporalité et sont fabriqués en France dans des matières nobles comme l’agneau plongé, le croco, le velours ou encore le python. Ils affichent tous ma signature, le fameux liseret rouge à l’arrière de la chaussure, une ligne qu’on pourrait penser dans la continuité d’un bas-couture. Une ode à la féminité. Mes sources d’inspiration sont assez liées au vintage, à l’histoire de la mode, qui est un éternel recommencement ! Du new look de Dior aux années 20, 30, aux débuts de Coco Chanel… Aux lignes architecturales et au design comme à l’image de mon site internet très épuré, très contemporain. Je passe beaucoup de temps dans la rue à regarder les gens déambuler avec un focus sur leurs pieds.

 

TM : Tes rêves d’avenir ?

FM : Dans la liste des souhaits à exaucer, figure une boutique en nom propre à Paris ou à Cannes, idéalement avec une vieille devanture… quitte à ouvrir dans une ancienne boulangerie ! Un petit écrin… Je suis déjà comblé, je veux juste que mon rêve grandisse dans le bon sens tout en restant indépendant.

 

Fred Marzo  travaille désormais avec le show-room commercial le Studio A.

 

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